ANCB
Du 21 au 23 octobre 2026, Grand-Popo a accueilli un atelier de partage des bonnes pratiques identifiées dans le cadre du programme DURAGIRE, mis en œuvre dans les communes de la Basse et Moyenne Vallée de l’Ouémé. Cette rencontre vise à favoriser l’apprentissage entre pairs, en permettant aux communes de valoriser leurs expériences, de s’inspirer des solutions développées par d’autres collectivités et d’identifier celles qu’elles pourraient adapter à leurs propres réalités.
Faire des expériences locales une source d’apprentissage collectif. C’est le principe au cœur de cette démarche qui considère les communes non seulement comme des bénéficiaires d’appui, mais aussi comme des productrices de connaissances et de solutions. L’enjeu est de favoriser la circulation des expériences utiles et de contribuer à une gestion plus durable et plus résiliente des ressources en eau.
Du partage d’expériences à l’apprentissage entre pairs
Pendant trois jours, les participants ont pris part à des séances plénières, des travaux de groupe, des exercices de simulation et des jeux de rôle. Ces différentes activités leur ont permis d’explorer la démarche de benchmarking, de présenter leurs expériences et d’examiner les conditions nécessaires à leur adaptation dans d’autres contextes communaux.
Un accent particulier a été mis sur la préparation des représentants des communes à la présentation de leurs bonnes pratiques. Avec l’appui des experts et de l’équipe d’accompagnement de DURAGIRE, ils ont travaillé à mieux expliquer leurs expériences, les résultats obtenus, ainsi que les ressources et les conditions nécessaires à leur mise en œuvre.
Le marché des bonnes pratiques : apprendre autrement
L’un des temps forts de l’atelier est l’organisation du « marché des bonnes pratiques » qui a donné une dimension concrète et interactive au partage d’expériences.
Chaque commune disposait d’un espace de présentation illustré par une bâche résumant la bonne pratique proposée. Deux représentants, issus de la commune et de la communauté, jouaient le rôle de « vendeurs ». Leur mission : présenter l’expérience, répondre aux questions et mettre en évidence les éléments susceptibles d’intéresser d’autres collectivités.
En face, les participants devenaient des « acheteurs », à la recherche de solutions adaptées aux défis de leur propre territoire. Les échanges directs leur ont permis de questionner les pratiques présentées, d’en apprécier la pertinence et d’en examiner les possibilités d’adaptation.
Au terme des présentations, les communes intéressées se sont concertées pour identifier les pratiques qu’elles souhaitaient « acheter ». Au-delà de la métaphore commerciale, cet exercice traduit l’ambition de faire du partage d’expériences un véritable mécanisme d’appropriation et de transfert de solutions entre collectivités.
Des pratiques partagées aux plans d’action
L’atelier ne s’est pas limité à la découverte de solutions. Les pratiques retenues ont servi de point de départ à l’élaboration de plans d’action d’implémentation. Chaque commune a ainsi eu l’occasion de préciser comment adapter la pratique choisie à son contexte, quels acteurs mobiliser, quelles ressources prévoir et quelles étapes suivre pour sa mise en œuvre.
Cette démarche vise à rapprocher l’apprentissage de l’action. Une bonne pratique ne peut en effet être reproduite efficacement sans tenir compte des réalités locales, des capacités disponibles et des besoins des communautés.
À travers cette approche, le programme DURAGIRE entend renforcer l’apprentissage collectif et favoriser la diffusion de solutions locales en faveur d’une gestion durable des ressources en eau. Les communes sont ainsi invitées à apprendre les unes des autres, à adapter les expériences pertinentes et à transformer les connaissances partagées en actions concrètes au bénéfice des populations.
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Après cinq années de mise en œuvre, le projet Partenariats municipaux pour l’innovation – Femmes en politique locale (PMI-FPL) a officiellement pris fin au Bénin. La cérémonie de clôture, organisée à Cotonou, a réuni l’Association Nationale des Communes du Bénin (ANCB), la Fédération canadienne des municipalités (FCM), le Gouvernement du Canada, ainsi que plusieurs acteurs engagés dans la promotion du genre, du leadership féminin et de l’inclusion au niveau local.
De 2021 à 2026, le PMI-FPL aura accompagné une dynamique déjà portée par l’ANCB en faveur d’une meilleure participation des femmes à la vie publique et à la gouvernance des communes. Mis en œuvre par l’ANCB, en partenariat avec la Fédération canadienne des municipalités (FCM), avec l’appui du Gouvernement du Canada, le projet a démarré dans cinq communes pilotes avant d’étendre progressivement son action à 75 des 77 communes du Bénin. Près de 2 000 personnes ont ainsi été touchées par les différentes interventions.
Renforcer une dynamique portée par l’ANCB

En tant que faîtière des communes béninoises, l’ANCB fait du genre et du leadership féminin un axe important de son action en faveur d’une gouvernance locale plus inclusive. Le PMI-FPL est venu consolider cette dynamique en offrant aux femmes des espaces de formation, de mentorat et d’accompagnement, mais aussi en renforçant les capacités des communes à mieux prendre en compte les enjeux liés au genre.
Les résultats enregistrés au terme du projet illustrent l’ampleur du chemin parcouru. Au total, 293 femmes ont été formées ou accompagnées pour renforcer leur leadership politique. Parmi elles, 21 ont été candidates aux élections communales de 2026 et huit mentorées ont été élues. Dans le même temps, le nombre de femmes maires au Bénin est passé de trois à cinq. Les cinq communes pilotes ont, par ailleurs, engagé l’adoption de la Charte genre de l’ANCB.
Au-delà des chiffres, le projet a contribué à renforcer la confiance et les capacités de femmes appelées à jouer un rôle plus important dans les espaces de décision. Il a également permis de faire émerger, au sein des communes, des pratiques et des mécanismes susceptibles de prolonger les acquis du projet.
Une mobilisation au-delà des communes partenaires

La cérémonie de clôture a également témoigné de l’intérêt que suscite la question du leadership féminin auprès des institutions et organisations intervenant dans ce domaine.
Plusieurs acteurs et institutions engagés dans la promotion du genre et de l’inclusion ont pris part aux travaux, parmi lesquels le Réseau des Femmes Élues Locales d’Afrique, chapitre du Bénin (REFELA-Bénin), représenté par sa présidente, Lucie SESSINOU, l’Institut National de la Femme (INF), représenté par sa présidente, Me Huguette BOKPE GNACADJA, ainsi que la Fédération des personnes handicapées du Bénin et plusieurs autres structures.
Cette mobilisation a permis de rappeler que la participation des femmes à la gouvernance ne relève pas de la seule responsabilité des communes. Elle suppose une action concertée entre institutions publiques, collectivités territoriales, organisations de la société civile, partenaires techniques et financiers et réseaux de femmes.
« Le projet s’achève mais son ambition doit vivre dans nos communes »

Prenant la parole à cette occasion, le Président de l’ANCB, Luc GNACADJA, a insisté sur la nécessité de ne pas considérer la clôture du projet comme une fin.
« Le projet s’achève mais son ambition doit vivre dans nos communes, dans nos communautés, pour permettre aux femmes de prendre pleinement part aux décisions et rendre les services publics plus attentifs aux besoins de tous », a-t-il déclaré.
Pour le Président de l’ANCB, l’enjeu est désormais de préserver les acquis et de faire en sorte que les expériences développées au cours des cinq années continuent d’avoir des effets concrets dans les communes et auprès des populations.
Une préoccupation partagée par Cathy TREMBLAY, Cheffe de coopération à l’Ambassade du Canada au Bénin. Selon elle, « le projet a démontré qu’une plus grande participation des femmes à la gouvernance locale contribue à bâtir des collectivités plus inclusives, plus efficaces et plus résilientes ».
De son côté, Mary Heater WHITE, Directrice du projet PMI-FPL, a salué la contribution de l’ensemble des acteurs à la réalisation des résultats obtenus et invité les partenaires à poursuivre la réflexion sur les moyens de pérenniser les acquis du projet.
Des femmes et des communes distinguées

La cérémonie a également été l’occasion de mettre en lumière des parcours et des initiatives qui ont marqué la mise en œuvre du PMI-FPL.
Quinze femmes fonctionnaires de mairie ont ainsi été distinguées pour leur contribution à l’amélioration des services municipaux au sein de leurs collectivités. Les cinq communes pilotes ont également reçu une distinction pour leur engagement dans la mise en œuvre des actions du projet.
Bénéficiaire du PMI-FPL et acteur engagé de longue date dans la promotion du leadership féminin, le REFELA-Bénin a, lui aussi, été distingué pour sa contribution remarquable à cette dynamique au Bénin.
Faire vivre les acquis
La clôture du PMI-FPL ouvre ainsi une nouvelle étape : celle de la consolidation et de la transmission des acquis. Pour l’ANCB, les résultats obtenus constituent une base sur laquelle les communes peuvent continuer à construire une gouvernance plus ouverte à la participation des femmes et plus attentive aux besoins de l’ensemble des citoyens.
L’Association réaffirme, à cet effet, sa volonté de poursuivre ses actions en faveur du genre, du leadership féminin et d’une gouvernance locale inclusive, au bénéfice des communes et de leurs populations.
Elle adresse ses remerciements à la Fédération canadienne des municipalités, au Gouvernement du Canada, au REFELA-Bénin, aux communes partenaires, aux femmes bénéficiaires ainsi qu’à l’ensemble des institutions et acteurs qui ont contribué à la mise en œuvre et à la réussite du PMI-FPL.
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